RENAUD EN CORSE

Astérix, Jack Palmer et tant d’autres, aussi pourquoi pas Renaud sur cette bande dessinée à fleur de peau ?

La Corse est une montagne dans la mer, alors je t’imagine sur un voilier au large de la Scandola ou en mobylette sinuant sur une petite route, pédalant pour atteindre un col pour admirer la vue d’une Corse si généreuse.

La Corse est une île de granit, granit pour ta voix rocailleuse et caverneuse. Là, où les Corses chantent en polyphonie, toi et tes musiciens, vous chantez alors  en ami-phonie ;  et sur Manhattan Kaboul, avec ton public, on chante ensemble en Renaud-phonie.

Mais trèves de bavardages, traversons le maquis pour nous rendre à Patrimoniu où tu chantes cette nuit... le maquis, cette robe aux parfums sauvages qui habille la montagne. Le maquis qui te prend et t’emmène dans le coeur de la Corse, le maquis que tu prends quand le destin te contraint, une pensée pour Yvan Colonna et tant d’autres... une pensée, un asphodéle, une branche de myrte et la fleur d’immortelle.

Au bar, je bois une pierre gorgée de mousse avec l’ami Bloodi, une Pietra ambrée comme un coucher de soleil sur la montagne, un soir d’été.

Tu entres en scène, semper arrittu (?) et les mots deviennent mélodie, guitare, violon, banjo, piano.... on croise de vieux potes, Manu, Germaine, Gérard Lamberti... concert de l’amitié où le mot liberté rime avec Corsica... LIBERTA.

Concert fabuleux, dans un endroit magique, quand s’éteignent les lumières, s’allument les étoiles... le clocher de Patrimonio est éclairé comme un reflet de notre humanité partagée.

Tu es reparti, dans ton avion, sur ton bateau, sur ta mobylette super chouette ou dans mes rêves de mômes... merci à toi, à ton équipe.... continue ton chemin en pensant au maquis, en randonnant jusqu’au sommet de ces montagnes qui sont les tiennes.

Et si  tu sens trembler la terre et que tes vieux démons s’éveillent, plonge ton regard dans le ciel de la Corse, dans ce même ciel que tous les hommes partagent, que tes chansons propagent.

Clin d’oeil amical de Corse,

En toute poésie,
Bruno

 


 

   

 

  John Lennon disait que le Rock français c'est comme le vin anglais, ça n'existe pas ... Téléphone c'est  pas du rock ? Indochine non plus ? Renaud pas plus. Par contre, j'ai fait mon Métal, ça s'appelle C' est mon dernier bal.

Renaud est sans doute l'ombre du chanteur qu'il était dans les années 80 mais il garde quand même quelques fulgurances, un humour qui lui est propre. Quand  il arrive sur la scène de Patrimonio, pour la clôture du Festival, quand il prend le micro, les 4 000 spectateurs se regardent, n'en croient pas leurs oreilles. Le timbre de Renaud se rapproche désormais plus de celui d'Orson Welles que du Titi parisien. Lui même le sait, "je vais tout vous donner, même s'il n'y a pas grand chose !"
  Après la douleur de voir un homme tant diminué sur scène, le publicmontre une forme de respect, de l'amour.. Personne ne tourne les talons dans le théâtre de verdure. Le public soutient son chanteur. Dans mon HLM, Marche à l'ombre, Le retour de Gérard Lambert,  Morgane de toi, Manu, Dès que le vent soufflera, une belle version de La Ballade nord irlandaise, les tubes défilent sortant péniblement du larynx de Renaud.

 Mais cela ne l'empêche pas de dialoguer  encore et encore, "les français ont choisi Mistral gagnant comme la plus belle chanson de tous les temps... N'importe quoi, il y a Brassens, Ferré , Barbara . Mistral gagnant c'est du pipi de chat à coté. Ma meilleure chanson, celle que je préfère dans mon répertoire, c'est celle ci..Et c'est "En cloque" .

Visage havre, barbe, le pas hésitant, il tient la scène une heure et demi. 90 minutes toutes émouvantes, où il se passe vraiment quelque chose, en tout cas bien plus que lors d'un concert de Christophe Maé ou de LB3 par exemple.

Renaud reste d' ailleurs le même, à son arrivée sur le site mardi, les organisateurs voulaient le diriger vers les loges parce que les bénévoles étaient en plein repas derrière la scène. Il a déclare " pas grave, ca me fait plaisir d'être avec eux!"

Et en plein concert, il demande à tous les enfants de venir s'asseoir dans la fosse, juste devant lui.  Patrimonio n'a pas fait le plein pour cette dernière soirée. Pourtant, comme lors du show de Johnny Winter en 2002, il y avait cette impression d'assister à la fin d'une carrière, un adieu non avoué. Un moment .pas si fréquent .

 

 

 

 

Renaud