Et je me suis dit

Et je me suis dit...

Toi tu m'fous les glandes !

 

 

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Au détour de mes recherches sur les dessins de presse  actuels concernant le retour de Renaud sur le devant de la scène et la vision qu'en donne  largement nos caricaturistes, je suis tombé sur le dessin que vous découvrirez en cliquant sur l'image ci dessus  qui franchement m'a mis les nerfs à vif.

Encore un qui tape sur l'ambulance, me suis-je dit.

Trop c'est trop !

Ces dessinateurs  comprendront-ils un jour qu'en s'attaquant à l'alcoolisme de Renaud, on s'attaque à un MALADE, à un homme qui se bat et se débat pour sortir de cette douloureuse galère dans laquelle il est depuis tant de temps ? Un chemin de guérisson où il aurait besoin d'être accompagné et pas lapidé !

Et je m'étais promis de ne pas diffuser ce dession sur mon site

 Mais, la nuit porte parfois conseil et, ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on fait tomber la fièvre:  je vais leur expliquer le pourquoiu de ma colère ! 

Car c’est ainsi : pour les caricaturistes l’alcoolisme n’est pas une maladie. C’est quelque chose comme un vice, un péché de nature à blaguer. On ne se moque pas du cancer, de la maladie d'Alzheimer, d'un handicap etc., le cancer fait parfois pleurer, l’alcoolisme fait toujours rire. On ne sait pas pourquoi. On sait seulement que c’est triste. Immensément

Je précise que je pense avoir un peu d'humour et que j'ai aussi moi-même pu rire en assistant à des scènes particulières qui se manifestent sous l'emprise de l'alcool.

 

Mais je n'ai plus beaucoup d'humour face à la maladie car elle n'épargne pas.

Pour l'alcool, j'ai le même réflexe. Je pense que cela touche à la dignité humaine.  Je pense que rire de la maladie alcoolique relève de la gêne, souvent. Elle renvoie à une image que l'on a pu avoir de soi-même lors de soirées arrosées ou à des moments de sa vie où on en a abusé aussi.  

 

On rit souvent de ce qui nous fait peur et pour éviter le fond du sujet. Il s'agit là d'un déni collectif par l'humour, car l'alcool est un véritable problème en France. Plus de la moitié des Français a été confrontée à un proche touché par la maladie alcoolique et en connait donc les réelles caractéristiques, qui ne sont pas drôles du tout. 


Ceux qui s'adonnent à cette banalisation et à ces railleries ne réalisent pas la responsabilité qu'ils portent. Ils ont une parole publique et devraient être un peu plus attentifs aux conséquences de ce qu'ils disent, même s'ils sont humoristes, car bien sûr, cela a des conséquences.

 

Cela ne fait qu'entretenir la culpabilité des malades et cela contrarie le travail physcologique  qui est précisément de placer ce trouble dans le cadre des maladies et non des tares, comme ces humoristes le sous-entendent.  

 

Je suis d'autant plus surprise de cette légèreté que le milieu des médias et de la communication est un milieu à risques – avec d'autres bien sûr – en terme de maladie alcoolique. Alors, peut-être les auteurs le font-ils, comme je le disais auparavant, pour ne pas avoir à se poser des questions sur eux-mêmes ?

 

Toujours est-il qu'il est bon qu'ils sachent qu'ils peuvent faire du mal avec ce type d'humour.

Il y a d'autres sujets que la maladie pour rire, non ? 

 

Maintenant vous pouvez cliquer

 et voir le dessin d'une autre façon non?

 Renaud      

 MAAH